mercredi 12 septembre 2018

Actualités






EMMA K.


EMMA K.


EMMA K. "Pari réussi !" (Aux rencontres de Huy)
Merci Laurence Bertels pour ce bel article (un peu plus bas)...

Emma K. parle de liberté, cette précieuse liberté qui, sournoisement, est mise à mal par l'empirique vérité détenue soit-disant par toutes les formes de pouvoir : politique, religieux, etc. Mais aussi de manière plus proche, plus intime : détenue par le voisin, le net, la télé, le journal... 
Que penser par exemple de ces autorités qui vont jusqu'à enfermer des enfants de réfugiés faisant fi des droits de l'Homme et de toute éthique, de toute morale. Que penser par exemple du fait que des individus qui, pour plaire à un Dieu, usent de stratégies convaincantes pour enrôler de jeunes esprits en perte de sens dans des raids mortels. Que penser de ces individus néfastes qui veulent asseoir leur pouvoir, leur emprise, en utilisant nos peurs, en nous faisant avaler des couleuvres... Heureusement, le libre-arbitre n'est pas encore totalement vaincu !
Certes, avec ce spectacle, nous ne sommes pas dans l'immédiateté du propos, nous ne ciblons pas un problème de société en particulier. Nous parlons de quelque chose d'insidieux qui réduit petit à petit nos libertés. Bien que le récit se termine positivement, nous faisons vivre un cauchemar envoûtant, un état de siège qui n'est peut-être pas si loin de la réalité... Car si on n'y prend garde, l'univers Kafkaïen ne sera bientôt plus une fiction... Nous deviendrons tous des Joseph K... 

Voici l'article :
Emma K. dans l'univers de Kafka
De la peur, on passe à l'effroi dans "Emma K.", adaptation intelligente et convaincante du "Procès" de Kafka , pour enfants dès 10 ans. Fameux pari que celui relevé par Giuseppe Lonobile, auteur, metteur et scène et scénographe, qui donne accès à l'un des textes les plus importants de la littérature et qui réussit à traduire cette frontière si ténue entre la fiction et la réalité chez l'écrivain pragois. Emma, une Alice D'Hauwe bien vivante, est privée de souper par son père qui l'envoie au lit sans manger. Le lendemain, elle se voit, à l'instar d'un certain "Joseph K", joué par Hugo Messina, privée de liberté. Elle en rirait presque tant la situation est grotesque mais lorsqu'elle aperçoit la silhouette de sa mère qui s'éloigne, et trouve la lettre de ses parents l'estimant assez grande pour se débrouiller avec la justice, elle commence à douter. Gamine au tempérament bien trempé, elle n'abandonne pas la partie pour autant, essaye d'en faire voir de toutes les couleurs à l'homme aux lunettes noires chargé de la surveiller. Puis se débat avec les arcanes de la justice dans ce récit kafkaïen, parfois surjoué, mais aussi captivant qu'intéressant. Dont l'un des grands mérites est aussi de donner l'envie de retourner au texte. L'adaptation, quant à elle, a été publiée chez Lansman, cette "petite" maison d'édition qui sort avec "Emma K" son mille deux-centième titre !
Laurence Bertels.

(Bon, pour le "surjoué", on mettra ça sur le dos du stress et on parlera plutôt de surénergie véhiculée par deux généreux et merveilleux acteurs ! (dans une salle où on ne voit plus rien de la scène à partir du troisième rang !!))



samedi 5 décembre 2009